Ci dessous vues d'expositions puis descriptif des séries :
Descriptif des séries :
Une carte peut être utilisée pour préparer une marche. Elle peut aussi aider à faire une oeuvre d’art. Les cartes sont porteuses d’informations ; elles montrent l’histoire, la géographie et la typonomie des lieux. Une carte est une combinaison artistique et poétique de l’image et du langage.
Richard Long
Quand j’étais gamin, j’avais la passion des cartes. Je restais des heures à les considérer (...) - perdu dans toutes les gloires de l’exploration. À cette époque, il y avait pas mal d’espaces blancs sur la Terre et, quand j’en apercevais un sur la carte qui avait l’air particulièrement attrayant, je posais le doigt dessus et disais : quand je serai grand j’irai là.
Joseph Conrad ( Au coeur des ténèbres )
Logomachie : La série Logomachie relève de ce qu'on pourrait appeler "l'action writing" puisqu'il s'agit de figurer et graver sur le support, en un mouvement frénétique et spontané, une série d'images mentales qui s'illustrent par une écriture quasi automatique. Les différents niveaux d'écriture se superposent et s'enchevêtrent au gré de leur lutte avec la matière (pigments, ocres, vernis, encaustiques, cire...) pour donner à voir une image primitive et archaïque du palimpseste.
Recension : Pierre Ménard auteur de... : La série Recension occupe une place séminale dans la démarche de François Ide. À partir de la nouvelle de J.L. Borgès : Pierre Ménard auteur du Quichotte, il s'agit d'extrapoler le principe d'une écriture en palimpseste qui réitère à l'infini le processus de création. Au delà du dispositif intellectuel, l'image plastiquement obtenue par superposition et présentée comme telle constitue une sorte d'aleph littéraire, c'est-à-dire un point fixé du texte qui contiendrait en ses limites tous les états successifs de ce même texte. Tâche, on l'aura compris, aussi vertigineuse qu'impossible.
Une Histoire de la peinture : La série Histoire de la peinture est une entreprise qui touche à l'articulation liant le texte et l'image. Une oeuvre se comprend doublement : à travers l'expérience directe que l'on en a mais aussi à travers les discours qui la présentent et la soutiennent. Au principe de l'histoire de l'art, discours et images s'entremêlent inextricablement. C'est ce rapport complexe que cette série se propose de figurer.
Lignes d'erre : la ligne d'erre est un trajet, souvent quotidien, une inscription dans l'espace concret sur le papier ou sur la toile afin de signifier ce que les pas laissent comme empreinte au monde : une marque du corps, un simple signe. L'abstraction de la ligne pure et de la couleur - geste premiers du peintre - redouble les traces journalières qui marquent les lieux de nos existences et vient donner forme à la teneur de notre mémoire.
Mondes nouveaux : La série Mondes nouveaux réitère la figure du palimpseste en la déconstruisant puisqu'il s'agit de figurer toutes les étapes de la création d'un texte non pas en les superposant mais à l'inverse, en décomposant, puis en exposant la matrice du texte, du premier brouillon jusqu'à son état définitif, c'est-à-dire l'objet livre. On laisse ainsi le lecteur-regardeur perplexe et indécis quant à la véritable nature du texte qu'on lui donne à voir. Perplexité redoublée lorsqu'on sait que Mondes Nouveaux est la réécriture poétique d'une encyclopédie géographique de plusieurs milliers de pages. Un texte appelle un texte qui en appelle un autre et ainsi à l'infini.
Hypotyposes : La série Hypotyposes, comme l'indique la définition du Gradus se propose de peindre les choses de manière si vive et si énergique qu'elle les met en quelque sorte sous les yeux, de manière spectaculaire, à l'aide d'une description précise. Pratiquement, cela consiste à reprendre et reproduire, en les changeant d'échelle, des pages manuscrites d'auteurs divers. Figurés, agrandis et colorés sur la toile, ces manuscrits atteignent alors au statut de véritable icône, renvoyant directement au fétichisme assumé de l'écriture.